C. Mohamed : du foulard de Halima, d’Erdogan et d’al Watan


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J’avoue que je reste estomaqué  du travail de l’occident sur les esprits de nos élites Arabes, économistes, politiciens et journalistes … Ce que l’occident n’a pas réussi à faire avec ses propres élites, il l’a réussi avec les nôtres. Chapeau bas ! Ou turban bas ! Le supplément économique d’el Watan est l’exemple type.   Presque la totalité des intervenants croient au père noël et au messie occidental sauveur de l’humanité.

Et pourtant tous les exemples de réussites que l’occident nous a fait miroiter se sont avérés faux, le cas de l’Irlande, de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne etc. Le cas de la Grèce est l’exemple le plus méritoire. Si la Grèce s’est endettée, c’est surtout lors des jeux Olympiques de 2004 en se lançant dans des projets pharaoniques pour la plus grande joie des multinationales du bâtiment et autres. Résultat : l’argent prêté à la Grèce fut pompée par les multinationales des  pays prêteurs avec bien sûr quelque retombée pour la Grèce. En résumé les pays prêteurs (états et privés) avaient récupéré l’argent prêté d’une manière indirecte et maintenant ils feront suer les grecs pour uniquement s’en grossir ou pour palier à leur propre gabegie.  Enfin, Il y’a long à dire.

Autre Chose : dernièrement J’ai reçue de vous une vidéo sur les centres de regroupement durant la guerre d’Algérie et une photo de Kenza, le nouvelle Marianne.  Ces deux faits m’ont rappelé beaucoup de souvenirs.

Comme je suis artiste, je réagi plus par l’affect que par la raison. Ne craignez rien, je n’ai pas un affect débridé. Exemple : avant qu’Erdogan  ne devienne le premier ministre de la Turquie, j’avais beaucoup de sympathie pour lui tout en sachant que ses  chances de manœuvrer à sa guise étaient faibles ou quasi-inexistantes vu que son pays faisait partie de l’OTAN et qu’un coup d’état militaire si nécessaire ne tarderait pas à l’évacuer. Mais en prêtant attention aux voix de l’empire, je me suis rendu compte qu’elles lui étaient favorables. Rien de particulier jusqu’à là, mais un argument particulier avancé par les voix féministes cette fois-ci  avait fait tilt dans ma tête.  Elles disaient:  c’est un islamiste, mais il est un homme moderne et n’a rien contre l’occident,  la preuve sa femme a commandé son foulard à un désigner autrichien. Et depuis Erdogan est tombé dans mon estime.  Je me suis dit : il y a plus d’un milliard de musulman, il n’y a pas un seul musulman qui puisse dessiner un foulard pour que ce soit un autrichien. Il y a de quoi s’inquiéter. C’est subjectif mais c’est comme ça.

En fait le foulard évoque beaucoup de chose pour moi.

Le contexte: l’armée française nous avait entassés par famille et parfois par plusieurs familles entières dans une seule chambre. Ces chambres étaient en fait d’anciens bureaux  d’une mine de fer désaffectée. C’était des chambres alignées les unes à côté des autres et communiquées entre elles par une ouverture sans porte qui devraient permettre aux agents d’administration qui y travaillait de se rendre d’un bureau à l’autre sans entrave et selon les besoins de leur travail. La plupart des familles que l’armée avait ramené en ces lieus après avoir brûlé leurs maisons, n’avait rien pu apporter avec eux. Comme linge, il n’avait que le linge de fortune qu’il portait sur eux. Comme ustensiles, très peux de choses parce qu’une bonne partie de nous ustensiles était faite de terre ou de bois que les soldats s’amusaient à casser à chaque fois qu’ils nous rendaient visite avant qu’ils ne décident de nous mettre dans des enclos où  on hésiterait à mettre du bétail. Si nos maisons n’étaient pas des palais, toujours est-il qu’elles étaient très bien adaptées à notre mode de vie.

Les faits :

1)    Dans notre chambre, on était six. Il y’avait ma mère, un bébé de quelques mois  et nos quatre, trois frères et une grande sœur ainée.  Nous  dormions à même le sol sur des sacs de jute,  alignés comme des sardines, nous nous couvrions avec une seule couverture militaire faite pour une personne. Quant à mon père, il avait tout simplement disparu à l’époque comme beaucoup d’autres hommes dans la force de l’âge. On avait un vieux couple comme voisin d’un côté et de l’autre côté une autre femme dans les mêmes conditions que ma mère. Le vieux couple, pour soulager ma mère, me faisait dormir avec lui. Ils me serraient entre eux et me tenaient au chaud. Ils étaient vraiment démunis. Ils étaient obligés de porter les mêmes habits des mois durant sans pouvoir même pas les laver, des habits rapiécés au point qu’il était difficile d’imaginer les tissus originaux dont ils étaient faits. La femme possédait un seul foulard qu’elle lavait chaque  matin à l’eau froide et sans savon, avant  de le remettre sur sa tête juste après l’avoir essoré.  Quand je lui demandais pourquoi elle le faisait vu que cela lui rendait le visage bleu de froid, elle me répondait que c’est pour se présenter purifier à Dieu. Je ne comprenais rien à cette nécessité de se purifier pour se présenter à Dieu. Mais plu tard  j’ai compris. Comme elle ne pouvait pas changer ses habits pour les  laver et les purifier des souillures, elle se rattrapait sur  son foulard. Et depuis je ne peux pas entendre le mot foulard sans penser à cette femme qui était une seconde mère pour moi qui m’avait sauvé d’une mort presque certaine en me réchauffant avec sa poitrine et le peu de souffle qu’elle avait.  Ce calvaire avait duré une année à deux ans à peu près avant de recevoir du linge et des habits certainement prélevées dans des stocks de dons américains. Car je me souviens que  ma mère me faisait porter une veste d’adulte qui trainait à mes pieds et me servait de gandoura. Ses manches même coupés à moitié me cachaient les mains et je passais mon temps à les relever.

2)    Au bout d’une année ou deux, on avait déplacé une partie des familles du centre des mines de fer  vers un nouveau centre aussi réduits que le premier mais avec la permission pour chaque famille de pouvoir construire une Barak , un taudis dans l’espace qu’il lui était réservé. Ma propre famille faisait partie de ce lot. Là,  il y’avait une femme concubine d’un capitaine miliaire qui s’appelait Halima et  qui rendait la vie impossible à tout le monde, surtout aux enfants. Elle s’habiller en militaire le plus souvent et se paradait avec une mitrailleuse. Et quand les camions GMC revenaient des maquis environnants avec des cadavres, elles prenaient un malin plaisir à ameuter tout le monde  à venir les voir comme si c’était un spectacle de cirque. Sa mère recevait du capitaine des foulards en cadeau qu’elle vendait autres femmes du centre à crédit le plus souvent.  Mais celles qui par malheur n’arrivaient pas à la payer, elle les attendait à leur retour de la fontaine pour leur sauter dessus et leur arracher le foulard  de la tête sous l’œil goguenard des soldats en faction. Pour ces  femmes, c’était une humiliation insoutenable. À l’indépendance, cette femme est tombée dans la folie et s’est mise à écumer les routes en chantant des insanités.  . Sa fille par contre, elle avait filé avec son capitaine. Que Dieu lui pardonne!

Il y a quelques semaines je me suis amusé à tester les journaux algériens se proclamant démocrates.

Une fois, je me montre très critique pour certains de leurs articles et une fois, je leur balance des imbécilités à leur goût. Ces dernières sont publiés mais pas les premières. C’est vraiment triste. Exemple :

« Les chiens, même s’ils se divisent en plusieurs races, ont tous cette particularité presque innée qui consiste à se laisser dompter et à obéir à leurs maîtres. Encore que les chiens le font pour le gîte et le couvert en contre partie d’une obéissance pour le moins limité.  Ces intel-écuelles de ce siècle orgiaque et échangiste font pitiés, réduits au statut  non pas de chiens de garde comme ceux dont parle Paul Nizan, mais en balayeurs des temples. Après le passage de leur  maîtres dans ces temples où se déroulent orgies et sacrifices, ils viennent passer ensuite le balaie et  le chiffon à l’eau tiède.

Notre historien et moudjahid Harbi  constate que : « c’est le langage journalistique qui prévaut. Il est encore trop tôt pour définir et appliquer un langage scientifique rigoureux et global. » Mais qu’est-ce qu’on a à foutre de tes définitions scientifiques et rigoureuses. Vont-ils nous rendre plus intelligents, plus préventifs et meilleurs ou c’est seulement pour nous endormir encore plus. Quant au langage journalistique, Soit certain Monsieur Harbi qu’il continuera à prévaloir, ce n’est pas demain la veille qu’il disparaitra, il est le cri mystificateur de l’animal dans tout ce qu’il possède de primitif, une chose dont il n’a pas perdu un iota depuis la nuit des temps. Le meilleur est  pour le dessert avec les propos suivants : « Et si l’appellation peut être indéfinie, les causes de ces soulèvements sont, pour la plupart des intervenants, les mêmes : s’affranchir d’une élite dirigeante oppressive, l’accession à la dignité et le mieux-être, la rupture vis-à-vis d’un mode de gouvernance obsolète. » Voilà, un type de sentence bateau, qui ne signifie absolument rien et ne concorde à aucune réalité. Le monde de gouvernance est obsolète à l’échelle mondiale et pas seulement dans le  monde arabe. Sauf si on veut nous faire croire que les pays arabes sont indépendants et qu’ils ont les moyens de leurs indépendances pour dégager une élite clairvoyante et soucieuse des intérêts de son peuple.

Les  génies, on les  détecte facilement à leurs types de sornettes comme c’est le cas de Monsieur Omar Cellier. Écoutez son propos, quel délice, quel panache, c’est à tomber à la renverse : « Après les guerres de libération du Maghreb, la famille révolutionnaire s’est accaparé les richesses nationales », a expliqué M. Carlier.  Il aurait aussi bien pu dire qu’après la révolution française, la famille révolutionnaire s’est accaparé les richesses nationales et internationales en menant des guerres de conquête coloniale et continue à le faire. Et c’est aussi les cas de la plupart des révolutions.  Ce type de personnage avec derrière lui une Zawyia ou pardon une université semi-prestigieuse comme Paris Diderot, sait que, ce que vole la finance internationale, c’est toujours pour le bien de l’humanité car il l’ont ainsi décidé en se proclamant élites de toutes les élites, mais ce que vole quelques cornichons arabes affidés et imbéciles, c’est contraire à toutes les morales que dictent  ceux  qui n’ont aucune morale puisqu’il sont au-dessus de toute morale. Il ne respecte qu’une seule  et unique morale, celle de l’industrie qui, à son tour, ne doit obéir qu’à un seul critère celui de la rentabilité pseudo-scientifique.  Que l’envie ne vous prenne pas de vous improviser proxénète, vous serez vilipendé et toutes les organisations crypto-humanistes vous tomberez dessus même si vous payez vos impôts rubis sur ongle ou votre dîme. Mais si vous vous proclamez, industriel du sexe, vous aurez le droit au respect et même aux honneurs. » Ce commentaire a été censuré.

Par contre celui-ci,  « Si l’Algérie veut se réconcilier avec le CNT Libyen, la meilleure façon serait qu’un CNT algérien prend le pouvoir en Algérie.  Pour cela, il faut faire appel l’OTAN », a été publié. Ainsi que cet autre : « Vous avez tout à fait raison Mourad 25, il nous faut une deuxième république qui colle avec nos valeurs berbères authentiques. Car nous sommes après tout des berbères ». Et tant d’autres de cet acabit…

J’avoue que notre humanité traverse une zone de turbulence dangereuse, même si nos problèmes ne sont pas insurmontables. Il reste que le monde est mené par des médiocres dont la seule vision est d’acquérir une position de rentier et de subordonner le monde à leurs phantasmes douteux.

Mardi, 27 Septembre 2011

http://liberation-opprimes.net/index.php?option=com_content&view=article&id=931:c-mohamed-du-foulard-de-halima-derdogan-et-dal-watan>

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