Libya : J’ai tué mon père ! Personne ne me connait…


Le journal de personne

Samedi 27 Août 2011

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Je suis sa fille, sa dernière, sa préférée.

Personne ne me connait…

Je suis sa fille, sa dernière, sa préférée.

Oui, je me souviens encore de cette nuit

La nuit du Destin… Qui fuit.

Dans les sous-sols de Tripoli

Nous étions seuls, lui mon père et moi, sa fille

Cachés dans un trou de souris

Aménagé pour nous servir d’abri

Toute la famille avait quitté le pays pour l’Algérie

Excepté celui qui ne jure que par sa patrie

"patria o muerte" pas d’autre souci

Pas d’autre défi, sa terre c’est toute sa vie

À la lueur d’une bougie

Il a enregistré plusieurs messages pour embrouiller les mauvais esprits

Et puis, il a pleuré, il a ri

M’a pris dans ses bras et m’a demandé si j’étais vraiment sa fille ?

Ce n’était pas pour transgresser un interdit

Mais pour s’assurer qu’il lui reste encore un ami

C’est dur, dur, de durer m’a-t-il dit

Mais il voulait à tout prix reprendre le fil du récit.

Mon père avait brusquement vieilli

Mais sa folie avait rajeunie!

Les traitres c’est tout qu’il hait, c’est tout ce qu’il a toujours haï!

Et je me suis dit qu’il ne peut y avoir de fin à cette partie…

Je suis la poussière qui peut tout dissoudre, o Lubie !

Je suis la poussière qui peut tout absoudre… oh que si!

Et Je pris la décision de mettre fin à son dépit

Dieu, donne-moi la force de ne pas vous craindre …

Et j’ai versé une larme de poison

Dans sa coupe à moitié vide, ou à moitié pleine

Il l’a bu et aussitôt rendu l’âme.

Et je pleure, et je pleure

Pour me persuader que rien ne se meurt.

Bonheur …C’est fou ce que tu me manques!

Me pardonneras-tu? Dis… moi… dis… le…moi !

Abîme !

Je n’ai commis aucun crime.

Pas de coupable donc pas de victime.

Pour toi papa, ce sera la cime!

Les mortels ne t’auront plus jamais

Parce que tu es désormais hors de leur portée…

Immortalisé… immortel parmi les mortels

Une étoile qui s’apprête à se venger

Et voir sa vengeance se renouveler à l’infini…

Parce qu’ils ne retrouveront jamais le corps de leur ennemi.

Me pardonneras-tu, dis-moi, dis le moi.

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/08/mon-pere/

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