FALSE FLAG – LES DOSSIERS SECRETS DE L’HISTOIRE


clip_image001

TERROR STORM

Alex Jones

Partie 2 3 4

Les opérations false flag (« sous faux pavillon » ou « sous fausse bannière ») sont des actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance de l’ennemi, dans le cadre d’opérations spéciales. La ruse de guerre, y compris sous la forme du déguisement, a toujours fait partie de l’arsenal du guerrier ou du soldat. La Convention de La Haye de 1907 reconnaissait ce fait dans son article 23 qui interdisait « l’usage impropre » de l’uniforme ennemi. Un amendement fut rédigé après la Seconde Guerre mondiale afin de lever l’ambiguïté de cette formule, précisant que c’est l’usage des armes sous uniforme ennemi qui est visé.

Cas célèbres :

L’incident de Mukden en 1931, planifié par les Japonais qui accusèrent les Chinois d’avoir perpétré l’attentat, donnant ainsi le prétexte à l’invasion immédiate du sud de la Mandchourie par l’armée impériale japonaise.

L’opération Himmler en 1939, monté de toutes pièces par les Allemands pour servir de prétexte à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne.

En septembre 1942, trois détachements du Long Range Desert Group, commandés par le colonel Stirling, avaient investi Tobrouk dans le but d’enlever Erwin Rommel, le commandant du Deutsches Afrika Korps. L’opération échoua du fait que, la veille, un membre du détachement sous uniforme ennemi chargé de l’enlèvement, un israélite d’origine allemande, avait été reconnu par un officier de l’Afrika Korps. Arrêté et interrogé, il avait livré suffisamment d’informations pour que l’opération tourne au fiasco pour les Britanniques. Bien qu’ils aient combattu sous uniforme allemand, les captifs furent traités en prisonniers de guerre.

Le 13 octobre 1944, des rangers de l’OSS du général Donovan s’étaient emparés des postes fortifiés contrôlant le couloir d’Aix-la-Chapelle en combattant sous l’uniforme allemand. C’est, selon Otto Skorzeny, ce qui donna l’idée à Hitler de l’opération Greif.

L’une des plus célèbres opérations false flag, baptisée Griffon, partie de l’offensive Rundstedt du 16 décembre 1944, dite bataille des Ardennes, était dirigée par le colonel SS Otto Skorzeny. Montées sur Jeeps, huit équipes de quatre hommes chacune s’étaient infiltrées loin derrière les lignes américaines et avaient semé le désordre, et parfois la panique, par leurs fausses indications et informations. Pour avoir commandé cette opération commando, Otto Skorzeny fut poursuivi, ainsi que ses hommes, pour crime de guerre et subit un procès à Dachau (il fut acquitté, les ordres donnés ayant été de quitter l’uniforme américain avant d’engager tout combat).

Lors de l’opération Susannah en 1954 (connue aussi sous le nom d’affaire Lavon), un réseau israélien constitué de 13 juifs égyptiens commit une série d’attentats à la bombe incendiaire contre des édifices britanniques et américains au Caire et à Alexandrie. L’objectif était que ces actes de terrorisme soient attribués aux nationalistes égyptiens afin d’empêcher tout rapprochement entre l’Égypte nassérienne et les puissances anglo-saxonnes.

L’opération Northwoods en 1962, qui consistait notamment en l’organisation d’une série d’attentats contre les États-Unis par l’état-major interarmées américain lui-même, de manière à en imputer la responsabilité au régime cubain. Le but était de justifier aux yeux de l’opinion américaine une intervention des forces armées américaines contre Cuba et d’obtenir l’appui diplomatique, voire militaire, des nations occidentales. L’opération Northwoods, révélée par des documents officiels déclassifiés en 1997, ne fut jamais mise en œuvre car le président J.F. Kennedy s’y opposa.

Autres cas :

Le 18 juillet 64, Néron accusé par certains d’avoir déclenché le grand incendie de Rome accuse lui-même les chrétiens, alors considérés comme de dangereux illuminés sectaires, d’en être les coupables. Cette opération mènera à la persécution des chrétiens sous l’Empire romain.

L’incendie du Reichstag en 1933 par un communiste isolé Marinus Van der Lubbe, fut longtemps sujet à controverse, car prétexte immédiat à l’écrasement du Parti communiste d’Allemagne par les nazis tout fraîchement au pouvoir. En marge de la version officielle, on suspecte donc autant un complot des nazis, lesquels pourraient avoir eux-mêmes contribué à l’incendie. L’hypothèse est d’autant plus probable, qu’arrivé à Berlin depuis plusieurs jours, Van der Lubbe a essayé plusieurs fois d’incendier des bureaux de poste et commissariats sans y parvenir, alors que le Reichstag a été ravagé par les flammes.

Le prétendu groupe sioniste « Mouvement d’action et défense Masada », qui a pratiqué un attentat à la bombe contre une librairie parisienne de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en octobre 1972, et deux autres attentats à Cannes et à Nice en 1988 était en réalité un groupe néo-nazi, dont les membres ont été arrêtés en 1989, qui cherchaient à attiser la haine en France entre juifs et musulmans de France en utilisant ces attentats false flag.

Selon plusieurs transfuges du FSB (successeur du KGB) dont Alexandre Litvinenko, la série d’attentats dans la région de Moscou qui, pendant deux semaines en 1999, détruisit plusieurs immeubles d’habitation faisant près de 300 morts, serait une opération false flag qui aurait été organisée par les services secrets russes (soupçons augmentés par l’interception d’un attentat par la police locale de Riazan, tentative d’attentat revendiquée ensuite comme exercice par le FSB). Opération false flag ou non, cette vague d’attentats attribués aux Tchétchènes traumatisa la population russe et servit de prétexte au déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie.

L’Attentat du 8 mai 2002 à Karachi commis par des islamistes, et initialement attribué à Al Qaida, s’est révélé être initié et organisé par l’ISI, les services secrets pakistanais.

Les années de plomb italiennes :

Des attentats sous fausse bannière auraient eu lieu en Italie lors des années de plomb : l’attentat de décembre 1969 de la Piazza Fontana ainsi que l’attentat de la gare de Bologne de 1980, dont furent soupçonnés des mouvements d’extrême-gauche, sont aujourd’hui attribués – avec certitude dans le second cas – à des membres de mouvements d’extrême-droite.

Le terroriste néo-fasciste Vincenzo Vinciguerra déclara dans les années 1980 à la juge Felice Casson que l’attentat de la Piazza Fontana, qui marque le début des années de plomb italiennes, visait à pousser l’État italien à déclarer l’état d’urgence et à instaurer ainsi un régime autoritaire en Italie. On découvrit plus tard, chez Licio Gelli, le grand-maître de la loge maçonnique Propaganda Due, un « plan de renaissance démocratique » qui déterminait les étapes de cette conspiration fasciste. Un brouillon de rapport parlementaire italien de 2000, contesté par divers partis, dit qu’il s’agissait d’une opération false flag menée par des terroristes d’extrême droite.

Certaines interprétations historiques qui demeurent controversées attribuent un rôle dans ces attentats à des membres du réseau paramilitaire Gladio, la branche italienne stay-behind de l’OTAN, créée après la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d’invasion soviétique. On désigne couramment par ce nom l’ensemble des armées secrètes européennes, dont l’existence a été révélée publiquement le 24 octobre 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti.

Gladio a été mis en place dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale sous l’égide de la CIA et du MI6, comme structure de l’OTAN répondant directement au SHAPE. Cette structure avait comme fonction de « rester derrière » en cas d’invasion soviétique, afin de mener une guerre de partisans. Dans cet objectif, des caches d’armes étaient disposées un peu partout.

Ces réseaux fonctionnaient le plus souvent sans que les gouvernements nationaux en aient connaissance. Seuls l’Italie, la Suisse et la Belgique ont créé des commissions d’enquête à ce sujet dans les années 1990. La Belgique s’est dotée d’un comité permanent de contrôle des services secrets afin d’assujettir ces structures au contrôle parlementaire, afin d’éviter que des événements comme ceux qui se sont produits en Italie pendant les années de plomb ne se répètent. Quant à la France elle serait restée « en dehors » de tout cela selon le ministre de le défense de l’époque J.P Chevènement. Le Premier ministre italien Giulio Andreotti a cependant confirmé qu’en 1964 les renseignements militaires italiens avaient rejoint le « comité clandestin allié » dont les États-Unis, la France, la Belgique, la Grèce faisaient notamment partie. (article)

Pour plusieurs auteurs, Gladio est impliqué dans différentes actions violentes des années de plomb italiennes, mais l’ampleur de son implication fait encore aujourd’hui l’objet de débats. La nature secrète des activités de l’organisation, et le fait que les archives de l’OTAN ne sont pas accessibles aux chercheurs, font de Gladio un sujet controversé. L’idée selon laquelle, sous la direction de la CIA, Gladio aurait tenté d’influencer la politique italienne, est soutenue par des historiens et des journalistes.

Le Département d’État américain a contesté en janvier 2006 que le réseau Gladio ait participé à de quelconques actions terroristes et a rappelé qu’un des principaux[réf. nécessaire] documents avancés pour soutenir cette hypothèse – un manuel militaire américain de contre-insurrection (ici) – est un faux conçu au début des années 1970 par le KGB en pleine Guerre froide. (rapport)

Stratégie de la tension

Selon un document émis en 2000 par des parlementaires italiens membres des Démocrates de gauche, Gladio aurait participé en Italie à la stratégie de la tension, avec l’aide de la loge maçonnique P2, dirigée par Licio Gelli, destinée à « empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, à accéder au pouvoir exécutif ». Perpétré par le second groupe des Brigades rouges (les fondateurs étaient alors en prison), l’assassinat du leader de la Démocratie chrétienne (DC), Aldo Moro, en mai 1978, a mis fin à tout espoir d’un compromis historique entre la DC et le PCI. De 1969 à 1980, plus de 600 attentats (4 sur 5 étant attribués aux organisations clandestines d’extrême droite pendant les « Années de plomb ») ont fait en Italie 362 morts et 172 blessés (article). Ce document, dépourvu de valeur officielle, a provoqué de vifs débats au parlement italien, et a vu la validité de ses conclusions contestée. (article)

Le général Gianadelio Maletti, ancien chef des services italiens, a déclaré en mars 2001 que la CIA aurait pu favoriser le terrorisme en Italie. Le général Nino Lugarese, chef du SISMI de 1981 à 1984, a témoigné de l’existence d’un « Super Gladio » de 800 hommes responsables de l’« intervention intérieure » contre des cibles politiques nationales. (article)

En 2008, le documentaire Les Derniers jours d’Aldo Moro réalisé par Emmanuel Amara propose les témoignages de Steve Pieczenik, ancien membre du département d’État américain, et de Francesco Cossiga, ministre de l’Intérieur de l’époque, qui affirment que Gladio et la CIA ont été impliqués dans l’enlèvement d’Aldo Moro via la manipulation des Brigades Rouges.

L’attentat de la piazza Fontana, 12 décembre 1969

Le 12 décembre 1969, l’attentat de la piazza Fontana fait 16 morts et 98 blessés à Milan. L’extrême gauche, en particulier le mouvement autonome, est immédiatement désigné comme responsable de l’attentat. 400 personnes sont arrêtées (article). L’anarchiste Giuseppe Pinelli, accusé d’être l’auteur du massacre, est arrêté par la police. Il meurt défenestré quelques jours plus tard.

Dans les années 1980, le terroriste néofasciste Vincenzo Vinciguerra a affirmé au juge Felice Casson que l’attentat de la Piazza Fontana visait à pousser l’État italien à proclamer l’état d’urgence afin de favoriser un régime autoritaire en Italie. Nul lien direct n’a été cependant été établi par la justice, entre les terroristes néofascistes visés par l’enquête subséquente et l’organisation Gladio.

Démission de Vito Miceli, chef du SIOS et membre de P2, en 1974

En 1974, Vito Miceli, membre de P2 et chef du SIOS (Servizio Informazioni), les services de l’armée, à partir de 1969, puis du SID de 1970 à 1974, a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur Rosa dei venti, un groupe terroriste d’extrême droite infiltré par l’État. Accusé de "conspiration contre l’État", Vito Miceli révèle l’existence d’un réseau stay-behind organisé par l’Otan. Suite à son arrestation, les services secrets italiens sont réorganisés en 1977 afin de les "démocratiser". La loi n° 810 du 24 octobre 1977 divise le SID en plusieurs services : le SISMI (Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Militare), le SISDE (Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Democratica) et le CESIS (Comitato Esecutivo per i Servizi di Informazione e Sicurezza), auquel on donne un rôle de coordination — le CESIS dépend directement du président du Conseil italien.

Attentat de la gare de Bologne le 2 août 1980

L’attentat contre la gare de Bologne du 2 août 1980 a été attribué à des terroristes néofascistes. Le 16 janvier 1991, The Guardian écrit que : « les pièces ayant servi à la fabrication de la bombe (…) venaient d’un arsenal utilisé par Gladio (…) selon une commission parlementaire sur le terrorisme ».

Liens présumés avec la politique sud-américaine

Pour l’historien américain J. Patrice McSherry, il existe des liens directs entre les organisations stay-behind européennes et l’Opération Condor en Amérique du Sud.

Stefano Delle Chiaie, membre de Gladio, a eu des contacts avec des agents de l’Opération Condor — selon Le Monde diplomatique, Delle Chiaie aurait aussi rencontré le numéro deux des Loups gris, Abdullah Catli, en 1982 à Miami (article). Ainsi, Michael Townley, un agent de la DINA chilienne, a-t-il mis en contact la DINA avec Delle Chiaie afin que ce dernier prépare la tentative d’assassinat de Bernardo Leighton à Rome en 1975. Delle Chiaie a aussi participé, aux côtés de Klaus Barbie, au coup d’État bolivien de 1980.

Bibliographie

Daniele Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest, éditions Demi-Lune, 2007 (Nato’s Secret Armies: Operation Gladio and Terrorism in Western Europe. Cass, London, 2004). Partiellement disponible en ligne. Recension critique par The Journal of Intelligence History.

Daniele Ganser, « The ghost of Machiavelli: An approach to operation Gladio and terrorism in cold war Italy », Crime, Law and Social Change, volume 45, numéro 2 / mars 2006, p. 111-154.

(de) Jens Mecklenburg, Gladio. Die geheime Terrororganisation der NATO, Elephanten Press, Berlin, 1997

(it) Rita Di Giovacchino, Giovanni Pellegrino, Il libro nero della Prima Repubblica, Fazi Editore, 2005

Films

Romanzo Criminale, Michele Placido (2006)

Gladio, Allan Francovich (1992)

En matière d’espionnage il existe des recrutements sous fausse bannière qui consistent à recruter des agents en les trompant sur la puissance qu’ils sont amenés à servir.

« L’expression « sous faux pavillon » remonte au temps de la marine de guerre : naviguer sous faux pavillon était une stratégie éprouvée permettant de tromper l’ennemi. Par analogie, la culpabilité des actions terroristes sous faux pavillon est rejetée sur un ennemi extérieur. »

Pierre-Henri Bunel traducteur de David Ray Griffin, 11 Septembre, la Faillite des médias, une conspiration du silence, 2007

LA PILULE ROUGE

Mouvement Pour la Vérité

Conçut pour être diffusé massivement!

<a href="http://cdn1.leweb2zero.tv/download/human_864a1177a19e201.mp4"><img src="http://leweb2zero.tv/img/podcast-icon.gif" border="0" alt="Podcast" /></a>

THE POWER OF NIGHTMARES

Adam Curtis – BBC

En 2004 Adam Curtis pour la BBC suggérait un parallèle entre la montée de l’islamisme dans le monde arabe et le néo-consevatisme aux Etats-Unis selon que chacun promouvait le mythe de l’ennemi dangereux de façon à encourager les gens à les soutenir.

Il reçut le BAFTA Award pour la "Meilleure série de reportage" en 2004 en nous expliquant qu’Al-Qaida n’avait jamais existé, que c’était une invention du ministère américain de la défense, tout comme les "cellules dormantes" implantées un peu partout dans le monde, ou comment des hommes politiques manipulent l’opinion au gré de cyniques numéros d’illusionnisme.

Partie 1

Baby it’s Cold Outside

par doa56

Partie 2 3

Partie 2

The Phantom Victory

par ManchaFu

Partie 2 3

Partie 3

The Shadows in the Cave

par doa56

Partie 2 3

Cia – Guerres secrètes

par neverseen

Dans cette première partie, nous découvrons comment l’agence a été créée, comment elle a recruté ses premiers agents (d’anciens nazis) et comment elle est devenue une véritable force de déstabilisation politique au service des intérêts économiques américains. Après sa première opération ‘Ajax’ en Iran, en 1953, où la CIA a mis en place le Chah, les opérations se sont succédés au Guatemala, au Congo, à Cuba. Après l’assassina de Kennedy, à Dallas, de fort soupçons indiquent que la CIA est impliquée, mais des manœuvres de son ancien directeur, Allan Dulles permettront d’étouffer l’enquête. Plus tard, au Vietnam, la CIA organise un véritable génocide des intellectuels favorables au régime communiste, mais c’est le scandale du Watergate qui va mettre fin à cet ‘âge d’or’ au cours duquel les pouvoirs de l’agence sont devenus immenses et incontrôlables.

Partie 2 3

NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRATIE (NED)

clip_image002

Le National Endowment for Democracy (NED) (Dotation nationale en faveur de la démocratie) est une association à but non-lucratif des États-Unis dont l’objectif officiel est l’éducation et la formation à la démocratie à travers le monde. Elle a été fondée en 1983 et la plus grande part de ses fonds provient du Département d’Etat des États-Unis, avec approbation du Congrès; par cette approbation, le gouvernement se dégage de toute responsabilité directe des agissements de la NED.

La NED publie le Journal of Democracy, diffusé mondialement, et Encuentro spécialement pour Cuba, ainsi que des livres collectifs. Elle organise des conférences avec les intellectuels qu’elle sponsoriserait (par exemple l’historien François Furet et le journaliste Jean Daniel pour la France).

Cet organisme a été accusé de poursuivre par des moyens légaux les actions secrètes de la CIA en soutenant certains partis politiques et de s’immiscer dans les politiques des pays étrangers.

Son financement est voté par le Congrès et figure dans le chapitre du budget du département d’État consacré à l’Agence pour le développement international (US Agency for International Development – USAID). La grande majorité de son budget provient d’agence gouvernementales étasuniennes. En 2004 sur un budget de 80.1 millions de dollars 79.5 vennaient d’agences gouvernementales 0.6 d’autres contributeurs. Parmi les autres contributeurs la NED reçoit en outre des dons de trois associations, elles mêmes indirectement financées par contrats fédéraux : la Smith Richardson Foundation, la John M. Olin Foundation et la Lynde and Harry Bradley Foundation. (article)

Officiellement le budget de la NED n’est que de 50 millions de dollars. Mais à cette ligne principale s’ajouteraient quantité de co-financement des opérations qu’elle organise. Ces participations extérieures, d’un montant évalué à plusieurs centaines de millions de dollars annuels, proviendrait, selon le Réseau Voltaire, principalement du département d’État et du département du Travail, et avec discrétion de la CIA. (article)

À l’occasion de son 20e anniversaire, la National Endowment for Democracy a dressé un bilan de son action d’où il ressort qu’elle finance et encadre actuellement plus de 6000 organisations politiques et sociales dans le monde. Elle revendiquerait avoir entièrement créé le syndicat Solidarność en Pologne, la Charte 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en Serbie.

Elle redistribuerait l’argent reçu du gouvernement en partie à quatre organisations qui agiraient au niveau international :

National Democratic Institute for International Affairs, lié au Parti démocrate. Il est présidé par l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright.

Nommée au Conseil de sécurité nationale en 1978 elle formule la politique étrangère du président Jimmy Carter.

Nommée ambassadrice américaine aux Nations unies par le président Bill Clinton (avec rang au Cabinet présidentiel) il lui est reproché d’avoir tardé à intervenir lors du génocide au Rwanda en 1994.

En 1996, lors d’une interview accordée à Leslie Stahl dans le magazine de CBS intitulé Sixty Minutes, elle déclare à propos des sanctions contre l’Irak et de la mort supposée d’un demi-million d’enfants : « Je pense que c’est un choix difficile mais c’en est le prix. » (« I think this is a very hard choice, but the price — we think the price is worth it. »). Elle déclarera par la suite avoir regretté cette réponse mais maintiendra tout son soutien aux principes des sanctions commerciales internationales.

Confirmée par un vote unanime du Sénat, elle fut investie comme la 64e secrétaire d’État le 23 janvier 1997.

Le 27 septembre 1996, les Talibans prennent Kaboul, la secrétaire d’État Madeleine Albright déclare alors que « c’est un pas positif » fort de son soutient politique, les fondamentalistes s’emparent dès lors du pouvoir à Kaboul.

Célébrée comme la première femme secrétaire d’État et comme la femme ayant accédé à cette date au plus haut rang politique de l’histoire des États-Unis, Madeleine Albright se fait l’avocate de la démocratie, des droits de l’homme, tout en faisant la promotion de l’approche états-unienne sur le travail, le commerce et l’environnement. Son action est primordiale en Bosnie-Herzégovine et plus particulièrement lors de la guerre du Kosovo à l’encontre de la Serbie. En 2000, elle renouvelle sa promotion de la démocratie appelant à la création d’une « communauté de démocraties ». Néanmoins, ses détracteurs l’accusent de crimes de guerre à cause de son soutien aux sanctions internationales contre l’Irak.

Après la fin du mandat de Bill Clinton en janvier 2001, elle fut approchée par le président tchèque Vaclav Havel pour prendre sa succession à la présidence de la République tchèque, proposition qu’elle déclina.

En 2001, Albright créa l’Albright Group, un cabinet de conseil en stratégie internationale basé à Washington, D.C. et compta Coca-Cola, Merck, Dubai Ports World et Marsh & McLennan parmi ses clients.

En 2003, elle accepta une place au Conseil des Directeurs du New York Stock Exchange. En 2005, Albright décida de ne pas solliciter un second mandat, suite aux conséquences du scandale Grasso, dans lequel le président du Conseil des directeurs de la NYSE, Dick Grasso, perçut pour son départ une indemnité de 187,5 millions de dollars, avec une gouvernance faible du Conseil dans lequel Albright siégeait.

Professeur à l’Université de Georgetown, elle participa en janvier 2006 à une réunion à la Maison-Blanche de tous les anciens secrétaires d’État et secrétaires à la Défense pour discuter de la politique étrangère avec les membres du gouvernement de George W. Bush.

Elle préside le NDI (la branche du National Endowment for Democracy gérée par le Parti démocrate) ainsi que la fondation Truman qui accorde des bourses. Elle a, lors de l’ élection présidentielle américaine de 2008, soutenu Hillary Clinton. Durant la période de transition, le président élu Barack Obama l’a chargée de le représenter à l’étranger.

Madeleine Albright co-préside le groupe de travail chargé d’élaborer le nouveau concept stratégique de l’Alliance atlantique.

International Republican Institute, lié au Parti républicain. Il est présidé par le sénateur John McCain, rival malheureux de George Bush aux primaires de 2000 et aux présidentielle de 2008 face à Obama.

La mission déclarée de l’IRI est de soutenir la croissance des libertés politiques et économiques, de la bonne gouvernance et des droits humains autour du monde par l’éducation des gens, des partis politiques et des gouvernements sur les valeurs et les pratiques de la démocratie.

Toutefois, il est responsable de la formation des leaders du coup d’État dans l’Haïti de 2004, ainsi que dans le financement des groupes d’opposition dans le pays (ex. US$3 million en 2001). Le président démocratiquement élu, Jean-Bertrand Aristide, a été enlevé (contre son gré selon lui ; volontairement selon les autorités états-uniennes) par les militaires états-uniens le 29 février 2004.

American Center for International Labor Solidarity, fondé par l’AFL-CIO. Il est présidé par John J. Sweeney en sa qualité de secrétaire général de la centrale syndicale AFL-CIO.

Center for International Private Enterprise, fondé par la Chambre de commerce des États-Unis. Il est dirigé par Thomas J. Donohue en sa qualité de président de la Chambre de commerce des États-Unis.

L’autre partie des fonds va à plusieurs centaines d’ONG réparties dans le monde (ref). Le NED a financé ou financerait des groupes politiques luttant officiellement pour la démocratie en Europe occidentale dans les années 1980 ainsi que dans les années 2000 dans les pays de l’ex-union soviétique comme en Ukraine, ou encore dans les pays d’Asie centrale comme le Kirghizistan ou l’Ouzbékistan.

Afshin Rattansi, dans un article publié le 16 août 2008 sur le site iranien PRESSTV , cite cette affirmation de Paul Craig Roberts, ancien responsable du Trésor aux États-Unis : « le but de la Dotation nationale pour la démocratie est d’acheter et de manipuler les élections dans les anciennes parties constitutives de l’ancien empire soviétique »

Le système des instituts satellites s’inspirerait de ce qui avait été mis en place par les États-Unis, en tant qu’armée d’occupation, en Allemagne avec la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naumann Stiftung, la Hanns Seidel Stiftung et la Heinrich Böll Stiftung. Aussi, utiliserait-elle ces fondations comme relais financiers dans ce pays plutôt que ses propres instituts.

Sur le même principe, la NED aurait trouvé des partenaires dans divers États alliés, membres de l’OTAN ou de l’ex-ANZUS, notamment : la Westminster Foundation for Democracy (Royaume-Uni), Droits et Démocratie (Canada), la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Robert Schuman (France), l’International Liberal Center (Suède), l’Alfred Mozer Foundation (Pays-Bas).

Le NED aurait financé aussi le syndicat Solidarność en Pologne, dont la contrepartie a été, après l’arrivée de son leader Lech Walesa au pouvoir, une politique pro-US sans faille (commandes militaires de F16 malgré l’entrée dans l’UE, alignement total sur les positions de la Maison Blanche en Europe de l’Est, etc..).

Dans les années 1990, le NED a investi de l’argent, au moins 9.000.000 de dollar US, en Europe orientale, afin de soutenir le développement de l’économie libérale.(ref)

Selon L’aut’journal, le NED a été impliqué dans les campagnes de référendum et le coup d’Etat avorté d’avril 2002 contre la présidence d’ Hugo Chávez au Venezuela, et également lors du renversement de Jean-Bertrand Aristide à Haïti en 2004.(ref et ici)

Ses détracteurs dénoncent ses liens présumés avec des régimes militaires en Amérique latine pendant les années 1980 et soutiennent que le NED, au lieu de « soutenir » la démocratie, s’oppose parfois sélectivement à celle-ci.

Reporters sans frontières recevrait un financement du NED, RSF est parfois accusé de partialité dans sa façon de lutter pour la liberté de la presse, notamment sur la situation à Cuba et au Venezuela. (article)

Comment la CIA prépare les Révolutions Colorées

par jackyshow38

Parties 2 3 4 5 6

"Dans ce documentaire tourné en 2005 Manon Loizeau dévoile ceux qui financent et fomentent les révolutions dans les pays de l’est traditionnellement favorable à la Russie. Très utile afin de comprendre la situation iranienne et les promoteurs du mouvement…"

Voir aussi :

National Democratic Institute for International Affairs

American Enterprise Institute

Project for the New American Century

Council on Foreign Relations

Freedom House

Fondation Ford

William Blum

Né en 1933, écrivain et journaliste américain critique de la politique étrangère des États-Unis.

Après avoir étudié la comptabilité à l’université, il a occupé au milieu des années 1960 un poste subalterne dans les services informatiques au Département d’État. Au départ anticommuniste et rêvant de travailler dans les services extérieurs, il dit avoir perdu ses illusions à la suite de la guerre du Viêt Nam.

Quittant le Département d’État en 1967, il devint un des fondateurs et des rédacteurs de Washington Free Press, premier journal « alternatif » dans la capitale. En 1969, il a écrit et publié un exposé sur la CIA où étaient révélés les noms et adresses de plus de 200 employés de l’Agence. Il a été journaliste free-lance aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. De 1972 à 1973 il a travaillé comme journaliste au Chili, où il a suivi l’« expérience socialiste » du gouvernement Allende. Au milieu des années 1970, il a travaillé à Londres avec l’ex-agent de la CIA Philip Agee auteur du livre Inside the Company: CIA Diary (il aurait notamment été agent du KGB) et ses associés « à leur projet de mettre au jour le personnel de la CIA et ses méfaits ». Il gagne sa vie en écrivant et en faisant des conférences sur les campus des universités.

Son travail consacre une attention particulière aux agissements de la CIA et aux assassinats organisés. Blum se considère lui-même comme socialiste et a soutenu les campagnes présidentielles de Ralph Nader.

À la fin des années 1980, Blum se rend à Los Angeles pour travailler sur un documentaire sur la politique étrangère des États-Unis, adapté de son propre livre Killing Hope, en collaboration avec le cinéaste Oliver Stone ; mais ce projet n’aboutira pas.

Blum est également l’auteur d’une lettre d’information mensuelle, The Anti-Empire Report.

En janvier 2006, Oussama Ben Laden diffuse une annonce dans laquelle il cite Blum et recommande à tous les Américains de lire Rogue State: A Guide to the World’s Only Superpower. Avant l’intervention de Ben Laden, le livre était classé 209 000e sur la liste des ventes d’Amazon. Le dimanche suivant, le livre se place en 12e position.

Publications

2004 : Freeing the World to Death: Essays on the American Empire (Common Courage Press)

2003 : Killing Hope: U.S. Military and CIA Interventions Since World War II, revised edition (Common Courage Press)

2002 : West-Bloc Dissident: A Cold War Memoir (Soft Skull Press)

2000 : Rogue State: A Guide to the World’ Only Superpower (Common Courage Press)

1986 : The CIA: A Forgotten History (Zed Books)

Traductions françaises

Les Guerres scélérates (Parangon, 19 février 2004)

L’État voyou (Parangon (31 mars 2002)

Mythes de l’Empire (Aden)

EXPERIENCES, COBAYES HUMAINS ET TORTURE

clip_image003

Créée par mandat impérial, l’Unité 731 était une unité militaire de recherche bactériologique de l’Armée impériale japonaise. Officiellement, cette unité, créée en 1925 et dirigée par Shirō Ishii se consacrait « à la prévention des épidémies et la purification de l’eau », mais elle effectuait en réalité des expérimentations sur des cobayes humains comme des vivisections sans anesthésie ou des recherches sur diverses maladies comme la peste, le typhus et le choléra en vue de les utiliser comme armes bactériologiques. Elle est aujourd’hui reconnue comme responsable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Implantée en 1936 à Pingfang, localité proches de la ville de Harbin en Mandchourie, cette unité prit le relais de l’unité Tōgō, construite en 1932 à Beiyinhe dans la municipalité de Wuchang.

Elle procédait à des expériences sur des prisonniers, dont des femmes et des enfants, en majorité coréens, chinois et russes fournis en grande majorité par la Kenpeitai, la police militaire. Avec l’expansion de l’Empire, d’autres unités furent notamment ajoutées dans des villes conquises comme Nankin (unité 1644), Pékin (unité 1855), Qiqihar (unité 516), Xinjing, Canton (unité 8604) et Singapour (unité 9420).

Les activités de l’unité étaient connues au plus haut niveau du gouvernement et des films sur les expérimentations ou les convois de prisonniers ont entre autres été montrés à Hideki Tōjō et au prince Takahito Mikasa, le plus jeune frère de Hirohito, qui y fait référence dans son journal personnel. Le prince Tsuneyoshi Takeda, cousin de l’empereur, a également visité les installations en qualité d’officier de l’armée du Guandong.

Des armes bactériologiques produites par cette unité ont entre autres été utilisées sur ordre de Hirohito contre les Soviétiques en 1939 et contre les Chinois de 1940 à 1945. Ces ordres étaient transmis par l’intermédiaire du chef d’état-major de l’Armée, en l’occurrence le prince Kotohito Kan’in ou les généraux Hajime Sugiyama et Yoshijirō Umezu.

On estime que Shirō Ishii et son équipe commencèrent leurs expériences sur les humains en 1932. Un complexe de 150 bâtiments près de Harbin est construit pour lui permettre de développer ses recherches dans un secret total.

En 1937, Ishii débute les premiers tests à l’air libre de ses armes sur des soldats et des civils chinois. Ces armes seront entre autres employées sur ordre quartier général impérial lors de la bataille de Changde (300 000 civils morts), où également, selon des accusés assignés au procès de Khabarovsk, des membres de l’unité larguèrent des puces contaminées par la peste.

Entre 1937 et 1945, des dizaines de milliers de Chinois décèdent de la peste bubonique, du choléra, de l’anthrax, de la tuberculose, de la typhoïde et d’autres virus. Les premiers cobayes étaient des prisonniers condamnés à mort et détenus à la prison de Harbin ou des résistants capturés par la kempeitai. Par la suite, les victimes furent également des soldats chinois, des Russes communistes détenus dans le camp d’Hogoin, des intellectuels, des ouvriers coupables d’agitation, ou simplement des individus soupçonnés de « déloyauté ».

La première unité de recherche de grande envergure, l’unité Tōgō, devint connue notamment en raison de l’évasion d’une douzaine de prisonniers chinois à l’automne 1934. À compter de 1936, avec la création de l’unité 731 à Pingfang et la destruction du site de Beiyinhe, les expérimentations s’étendirent aux femmes et aux enfants (à qui on distribuait le bacille ou bactérie du charbon mélangé au chocolat) et puis, ultérieurement, aux prisonniers de guerre américains détenus au camp de Moukden.

Ces cobayes humains étaient appelés « maruta », ce qui, en japonais, signifie billot, bûche ou bille de bois. À leur arrivée à l’unité 731, on leur attribuait un numéro et ils n’étaient plus considérés comme des êtres humains. La plupart avaient entre vingt et quarante ans.

Dès 1933-1934, Shirō Ishii effectuait des expériences sur le choléra et la peste, en se servant de prisonniers. Déjà en 1935, des films étaient réalisés pour montrer le déroulement de ces expériences aux officiers supérieurs de l’état-major de l’armée du Guandong.

Trois mille personnes furent sacrifiées à Pingfang. Par un judas aménagé dans la porte d’acier de chaque cellule, les gardiens vérifiaient l’état des maruta enchaînés. Ils voyaient des membres pourris, des bouts d’os qui pointaient hors des chairs noires de nécrose. D’autres suaient dans une fièvre atroce, se tordant et gémissant de douleur. D’autres avaient le corps gonflé, d’autres étaient squelettiques. Certains étaient couverts de blessures ouvertes ou de cloques.

Quand un détenu survivait à une expérience, il était soumis à une autre, jusqu’à ce qu’il finisse par mourir.

Deux cents prisonniers peuplaient ces cellules. Deux ou trois mouraient chaque jour. On se livrait à la vivisection de détenus. Certains furent bouillis vifs, d’autres brûlés au lance-flammes, d’autres congelés, d’autres subirent des transfusions de sang de cheval ou même d’eau de mer, d’autres ont été électrocutés, tués dans des centrifugeuses géantes, ou soumis à une exposition prolongée aux rayons X. Des détenus furent complètement déshydratés, c’est-à-dire momifiés vivants. On les desséchait jusqu’à ce qu’ils meurent et ne pèsent plus que un cinquième de leur poids normal. On étudiait également sur eux les effets du cyanure d’hydrogène, d’acétone et de potassium. Certains détenus étaient affamés et privés de sommeil, jusqu’à la mort. D’autres furent soumis à des expériences de décompression.

Selon certaines sources, plus de 10 000 hommes, femmes et enfants seraient morts dans les laboratoires [Military Medical Ethics vol.2 p.484]. Selon les travaux publiés en 2002 par le Symposium International sur les Crimes de la Guerre Bactériologique, le nombre de personnes décédées en Chine suite aux expérimentations et à l’usage des armes bactériologiques par l’Armée impériale japonaise s’élève à plus de 580 000.

Les 9 et 10 août 1945, après l’invasion de la Mandchourie et de la Corée par l’armée soviétique, l’armée japonaise de Kwantung a été prise de panique. Son commandant, Yamada, a ordonné la destruction des unités 731 et 100. Tous les maruta (cobayes) ont été tués et six cents travailleurs chinois locaux ont été exécutés à la mitrailleuse.

Shirō Ishii reçut l’ordre de détruire l’ensemble des bâtiments avant l’arrivée des Russes. Une brigade de sapeurs a donc fait sauter le quartier général de Pingfang. Après avoir effacé les preuves de ce qui s’était passé là, le personnel de Pingfan a été évacué en Corée, au Sud de Séoul. Chacun avait reçu une dose de poison, afin de pouvoir se suicider en cas de capture par les Soviétiques.

Une épidémie de peste suivit le départ des Japonais, provoquant la mort d’environ 20 000 Chinois. Au total, environ 400 000 personnes ont été tuées en raison des germes d’anthrax, de choléra ou de peste que les membres de l’unité 731 avaient répandu sur les villages aux alentours [Daily Mail 02 March 2007].

En raison d’un pacte secret conclu en 1946 entre le général Douglas Mac Arthur et Hirohito, les officiers de l’unité n’ont pas comparu devant le Tribunal de Tōkyō. « En échange » les États-Unis ont reçu de Shirō Ishii l’ensemble des résultats des tests menés à l’unité 731, résultats qu’il avait conservés dans sa fuite ; il a ainsi bénéficié d’une totale impunité. Des membres de l’unité ont toutefois été condamnés par les Soviétiques lors d’un procès tenu à Khabarovsk en 1949.

Les participants à cette entreprise ont été sommés d’occulter toute mention concernant cette production et les connaissances expérimentales acquises durant l’après-guerre, sorte d’invitation à l’oubli. L’opinion publique n’en sut donc rien.

En 1981, son existence est rendue publique par la publication d’un rapport scientifique suivi d’un best-seller intitulé Akuma no hōshoku (« la goinfrerie du Diable ») écrit par Seiichi Morimura.

En juillet 1989, des os humains sont découverts lors de fouilles près de l’Institut national des maladies infectieuses, à proximité du parc Toyama dans l’arrondissement de Shinjuku à Tokyo, sur le site de l’ancienne Institut qui servait d’école médicale pour l’armée impériale durant la guerre [Japan Times 28 march 2002]. Ces os sont alors soupçonnés d’être les restes de victimes chinoises, liées à l’unité 731. En 1992, l’anthropologiste Hajime Sakura étudie ces restes à la demande des autorités locales, et conclut qu’ils appartiennent à plus de 62 personnes, la plupart d’origine mongoloïde, et présentent des traces d’opérations chirurgicales, notamment du cerveau [Japan Times 4 august 2004].

Suite à la décision en 1993 de la mairie d’arrondissement de bruler ces restes sans rechercher leur identité, des groupes de citoyens portent plainte, arguant que cette décision viole les conventions de Genève ; la mairie gagne ce procès en 2000. Cependant le Ministère japonais de la Santé et des Affaires sociales mène entre temps son enquête sur près de 400 officiers liés à l’école médicale, et conclut qu’aucune preuve ne permet de lier ces restes avec l’unité 731. Les restes sont cependant conservés pour d’éventuelles nouvelles recherches. À partir de 2004, un groupe de résidents locaux et de savants demandent à ce que soient pratiqués des examens complémentaires : analyse ADN et superposition d’images à partir de photos de prisonniers de guerre de l’unité 731, sans succès [Japan Times 16 december 2004].

En 1997 et 1999, 180 Chinois et Coréens demandent réparation à la Justice japonaise : dix millions de yens par personne et des excuses du Gouvernement [Japan Times 20 july 2005]. Le 27 août 2002, un tribunal japonais reconnait l’existence de cette unité et leur activité, mais dédouane le Gouvernement de futures compensations, les traités internationaux ayant déjà réglé les questions de réparations d’après-guerre [Japan Times 11 september 2002]. Ce jugement est confirmé en 2005 par la Haute Cour. Le Japon a également implicitement reconnu l’utilisation d’armes chimiques lors de la guerre, en participant au démantèlement d’anciens stocks de bombes toujours enfouis en Chine, notamment à Guangzhou.

En 2006, le médecin militaire de 84 ans Akira Makino, a reconnu avoir procédé entre décembre 1944 et février 1945 à des amputations et des vivisections sur des prisonniers philippins et notamment des enfants alors qu’il était en poste à Mindanao : « Je n’ai pu refuser d’obéir aux ordres et j’ai fait quelque chose de cruel. […] J’aurais été exécuté si j’avais refusé d’obéir aux ordres. C’était la règle à l’époque. Nous ne devons pas refaire ces horreurs. J’ai la responsabilité de révéler la vérité sur la guerre » [BBC News 26 octobre 2006]. Selon Makino, les vivisections pouvaient durer entre dix minutes et trois heures. Les membres étaient d’abord coupés, puis les organes étaient retirés un à un. Les opérations étaient menées tous les trois jours et ont cessé lors du débarquement des soldats américains.

La même année, une ancienne infirmière, Toyo Ishii, déclare avoir participé à l’inhumation de cadavres à proximité de l’ancienne école médicale près du parc Toyama à Tokyo, avant l’arrivée de l’armée américaine suite à la capitulation du Japon en août 1945 [AFP 21 février 2011]. Le Ministère japonais de la Santé décide alors de lancer de nouvelles fouilles, qui débutent en février 2011 après le relogement des résidents et la démolition des bâtiments situés sur ce terrain de 3 000 m².

En 2007, Ken Yuasa, médecin ayant pratiqué de 1942 à 1945 des vivisections dans un hôpital militaire du Shanxi, affirmait qu’au moins 1 000 Japonais, incluant des médecins, ont participé à des vivisections en Chine : « J’avais peur lors de ma première vivisection ; mais la deuxième fois, c’était beaucoup plus facile. À la troisième reprise, j’étais prêt à la faire de bon cœur » [Japan Times 24 octobre 2007].

Documentaires sur le sujet

Documentaires à voir sur le sujet:

* La série documentaire Ma no 731 butai qui cherchait des témoignages d’anciens militaires japonais a été diffusée sur la chaîne TBS en 1975 et 1976.

* Un documentaire de Serge Viallet, Kizu, les fantômes de l’unité 731, a été réalisé en 2004. Il s’agit d’une enquête au Japon, montrant des témoignages d’anciens militaires japonais, a été diffusée sur France 2 le 29 juillet 2005.

* Les héritiers du Docteur Mengele (2009) documentaire allemand de Dirk Pohlmann passé sur Arte le mardi 18 mai 2010 à 10h50

* Un documentaire de la série World Justice, Unit 731, Nightmare in Manchuria, raconte l’historique de l’unité avec des témoignages d’anciens membres ayant participé à des expérimentations.

Parties 2 3 4 5

Le tristement célèbre dr Mengele, médecin tortionnaire surnommé « l’ange de la mort » et jamais puni pour ses crimes perpétrés notamment à Auschwitz, a fait des émules après la fin du IIIe Reich. L’URSS avait donné l’exemple dès les années 20 avec l’utilisation de cobayes humains sur ordre de l’Etat dans le « Laboratoire 12 » rattaché aux services secrets soviétiques et où des substances mortelles étaient expérimentées sur les « ennemis du peuple ». Après la Seconde Guerre mondiale, certains criminels de guerre parviendront à échapper à la peine de mort en échange de renseignements sur les expériences infligées aux détenus dans les camps. C’est le cas du général japonais Ishii Shiro qui se met au service des Etats-Unis. Aucune des dix mille personnes impliquées dans ces tortures ne sera jamais inquiétée par les Américains. Les données recueillies sont jugées utiles dans la course aux armements qui se déroule en pleine guerre froide. Ces pratiques seraient encore aujourd’hui employées par différents régime…

Totskoye est un champ de tir militaire créé en Septembre 1941 au nord du village de Totskoye en Russie (Oural du Sud) sous la juridiction du South Urals Military District.

En 1954, des tests de bombardement nucléaire ont été réalisés dans le champ de Totskoye au cours l’exercice d’entraînement Snezhok (boule de neige ou neige légère), avec quelque 45.000 personnes, tous des soldats et officiers russes, [newsru.com. 2004-09-14] [podrobnosti.ua. 2009-09-20] qui ont été exposés aux radiations émises par une bombe deux fois plus puissante que celle larguée sur Hiroshima neuf ans plus tôt. L’exercice a été commandée par le maréchal de l’Union soviétique, Georgy Zhukov, qui fut témoin de l’explosion à partir d’un bunker nucléaire souterrain. A 09h33, le 14 Septembre 1954, un soviet bombardier Tu-4 a laissé tomber une arme de 40 kilotonnes atomiques de 8.000 mètres. [Neu Samara]

L’expérience a été conceptuellement similaire à d’autres effectuées à l’époque par les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays atomique, [Nuclearfiles.org] [archive.org] et a été conçu pour tester les performances du matériel militaire et des soldats dans le cas d’une guerre nucléaire. Elle impliquait la 270eme division de fusiliers, 320 avions, 600 chars et 600 véhicules blindés de transport. Cinq minutes après l’explosion, il fut ordonné aux avions de bombarder le site de l’explosion, et trois heures plus tard (après la démarcation de la zone radioactive) aux véhicules blindés la pratique de la prise d’une zone hostile après une attaque nucléaire.

La population locale a été alertée et évacué, mais fut permis de revenir plus tard.

Des milliers de personnes auraient trouvé la mort à la suite de la radiation, dans l’immédiat et dans les années suivantes. Le pilote aux commandes du Tu-4 développa une leucémie et son co-pilote un cancer des os. Il n’existe pas de chiffres officiels montrant combien des 45.000 hommes envoyés à la plage sont morts à la suite de l’essai. Les personnes exposées aux radiations lors des essais ont été privés de soins médicaux, leurs dossiers militaires ont été falsifiés pour montrer différents lieux de services et le test est resté secret. Les malades qui ont demandé de l’aide dans les hôpitaux locaux plus tard ont été surpris d’apprendre que leurs cartes médicales, contenant leurs antécédents de maladie, avaient disparu de l’hôpital régional. Ce fait a été confirmé par l’ancien soldat qui a participé à l’exercice, Alexey Pétrovitch Vavilov, dans l’interview télévisuel des nouvelles du programme Podrobnosti (Telechannel INTER).

Tamara Zlotnikova, un ancien membre de la Duma russe, aide les survivants à lutter pour une indemnisation. Elle estime que le bilan de l’essai a été énorme. Elle a cité comme disant: «Même aujourd’hui, l’incidence de certains cancers à Orenbourg, une ville 130 miles de la plage, est le double de celle du peuple qui ont souffert de Tchernobyl. Une étude réalisée par le ministère de la santé sur les villes avec la plus mauvaise santé met Orenbourg au deuxième rang des 88. Toutefois, il pourrait objectivement y avoir d’autres facteurs tels que les niveaux élevés de pollution dans le fleuve Oural qui a contribué aux problèmes de santé à Orenbourg.

Plus d’un demi siècle plus tard, cette question est encore sous la stricte supervision du gouvernement fédéral. Les forces de l’ordre locales continuent à harceler les journalistes qui tentent d’obtenir des images de l’incident. L’exercice est devenu largement connu seulement en 1993. Même les soldats qui ont participé à l’exercice ne savaient pas de quoi ils faisaient partie on leur avait seulement dit qu’il y aurait une imitation d’explosion nucléaire. La population locale n’a jamais été examinée pour problèmes médicaux, bien que de nombreuses pathologies ont été enregistrés depuis lors. Le gouvernement a félicité la population locale pour leurs héroïsme dans la fourniture du bouclier nucléaire pour leurs patrie.

<http://www.r-volution.net/devoir_de_memoire.ws>

Cet article a été publié dans Devoir de Mémoire. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s