Omar Mazri commente : Wikileaks: Tunisie: Ennahdha, PDP, Ettajdid, AFD et les américains


En entrant dans la formule élitiste, confrérique et non démocratique les mouvements islamiques d’inspiration "frères musulmans" n’ont fait qu’accumuler erreur sur erreur depuis de longues années. Ils ne représentent plus la vision pure et saine des grands hommes qui ont façonné le mouvement comme son fondateur Hassan Al Banna, Sayed Qotb et Mohamed al Ghazali. Ils se sont écartés du principe mohammadien : " Vous n’aurez la victoire que par vos pauvres (faibles). Les militans et les partisans de ces partis ont depuis longtemps abdiqué à leur de devoir de raisonner pour faire une confiance aveugle et une soumission inconditionnelle aux Cheikhs.

Comme les tyrans qu’ils dénoncent ces Cheikhs se sont installés dans l’opportunisme politique et l’inertie. Ils ont peu renouvelé leurs cadres, leurs pensées, leur fossilisation. Leur oppression et leur mise en clandestinité a permis la récupération objective ou subjective de ceux qui pensent qu’un arrangement d’appareil, une collaboration est possible pour changer le système de l’extérieur allant jusqu’à la compromission.

Comme tous les mouvements tenus pour vivre à bénéficier de fonds saoudiens ils sont amenés à se rapprocher des Etats-Unis. La turquie, depuis l’arrivée d’Erdogan, semble jouer un rôle idéologique sur la pensée politique des frères musulmans qui ne sont plus dans le projet islamique originale et inédit mais dans la gouvernance sous l’apparat islamique qui laisse intact les conditions politiques et économiques du N.O.M.

A la décharge des Frères Musulmans, malgré toutes leurs saloperies en Algérie par exemple, il faut reconnaitre que ce comportement de vassalisation envers l’impérialisme et de dénigrement des autres mouvements islamiques est monnaie courante dans le monde arabe où on voit les nationalistes, les laïcs de gauche devenir des libéraux fervent défenseur de l’économie de marché, de la démocratie à l’occidentale et du partenariat qui fait de nos pays des comptoirs commerciaux.

Les révolutions en Egypte et en Tunisie pont montré l’incapacité des mouvements traditionnels à prévoir, à s’impliquer et à gérer la révolution. Islamistes traditionnels et laïcs traditionnels essayent de se repositionner contre le peuple et au moment où le peuple a besoin d’un cap et d’une direction unifiée pour mener à terme le processus révolution (libération contre le desptotisme et libération contre le néo colonialisme) on voit le même clivage apparaitre entre islamistes et laïcs éradicateurs. Le chef d’orchestre est toujours le même mais nos acteurs arabes sont hélas toujours les mêmes : ils répondent aux injonctions de la lutte idéologique menée contre la tentative de révolution. La logique révolutionnaire n’est pas de se donner un ancrage néo ottoman à Istanbul ni un ancrage à Paris ou à Wasghington mais un ancrage dans le peuple avec ses valeurs, son histoire et ses attentes.

Le véritable clivage qui pourrait sauver la Tunisie, l’Egypte, la Libye et la Syrie n’est pas celui que l’on nous vend dans les médias ou dans les gesticulations des mouvements traditionnels qui ont failli et qui n’ont pas le courage de reconnaitre leur faillite. Il est dans la poursuite ou non de la révolution. Si les Arabes sortent des clichés, des stéréotypes nous pouvons voir un bloc formé d’islamistes, de nationalistes et de laïcs pour la révolution et un autre bloc avec les islamistes, les nationalistes et les laïcs pour un arrangement avec l’ancien régime et ses maitres occidentaux.

A titre d’exemple on parle de cinq partis islamiques qui vont naitre ou qui sont déja nés en Egypte et qui vont être indépendants des Frères Musulmans. C’est le cas en Tunisie. Ces nouveaux partis doivent aller vers la fédération des forces pour un véritable processus révolutionnaire. Se réclamer d’Erdogan et de la modernité n’est que la parade trouvée pour accepter la vassalisation envers l’oncle Sam. Ce qui est absurde c’est l’incompétence à voir le monde évoluer et voir la réussite de l’axe HAMAS Iran Syrie et Liban (Hezbollah) axe sunnite et chiite tenir tête au remodelage de la région par les Occidentaux. Quand Ghannouchi Rached d’Ennahda traite les Talibans de retardés il n’a rien compris à la résistance.

Omar Mazri

http://liberation-opprimes.net/

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