L’écart se creuse entre l’Égypte, les États-Unis et l’Arabie


En Égypte, les voix s’élèvent de plus en plus contre les États-Unis et leur principal allié dans la région l’Arabie Saoudite.
Les deux pays sont accusés de financer des partis ou des organisations politiques, religieuses et non gouvernementales pour influer sur la vie politique intérieure.

Samedi 13 Août 2011

L’écart se creuse entre l’Égypte, les États-Unis et l’Arabie

Selon le quotidien arabophone AlQuds AlArabi, le gouvernement égyptien a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire sur ce financement extérieur qui a pris des proportions importantes ces derniers temps. Le tout, semble-t-il pour influer sur le cours des élections législatives prévues avant la fin de l’année.
Sur le plan interne, ce sujet alimente les accusations et les contre accusations lancées entre les libéraux et les salafistes.
Le financement américain s’adresse en particulier aux libéraux pour leur permettre de contrer les islamistes dans le prochain scrutin. Alors que le financement saoudien va aux parties wahhabites, salafistes et « takfiries » qui abjurent les autres musulmans pour les mêmes visées électorales.
En parallèle, d’autres financements ont pour but d’influer sur le cours du procès du dictateur déchu Hosni Moubarak.
Plusieurs sources ont fait état d’offre généreuse offerte par des activistes wahhabites aux familles des martyrs pour renoncer au jugement de Moubarak, ce qu’ils ont refusé. Le commandant de la révolution populaire à Suez, cheikh Hafez Salameh avait quant à lui affirmé la semaine passée détenir des informations selon lesquelles des pays arabes ont offerts au gouvernement égyptien la somme de 18 milliards de livres égyptiennes (l’équivalent de 3 milliards de dollars) pour renoncer au jugement de Moubarak.
Le mois dernier l’ambassadrice américaine Anne Paterson a déclaré avoir distribué quelques 40 millions de dollars à des organisations non gouvernementales, des individus, et à des partis politiques depuis le déclenchement de la révolution. Suscitant l’opprobre de l’opinion publique et des forces politiques qui ont réclamé de dévoiler les noms de ces parties subventionnées par les Américains.
Le ministère de la collaboration internationale a ordonné une enquête à ce sujet.
Un nombre de journalistes aussi ont été accusés par « la coalition populaire pour dévoiler le financement étranger des organisations de la société civile » de tremper dans cette corruption en collaborant avec un nombre d’organisations de la société civile financées par les Américains. Certains journalistes ont porté plainte auprès du procureur général.
Pour leur part, les Américains se sont dits consternés par les enquêtes menées sur leur financement de ces ONG et les ont qualifiées « d’escalade non justifiée ». Par la voix de Victoria Nuland, porte-parole du département d’Etat, ils ont dit mercredi avoir fait part au gouvernement égyptien de leurs inquiétudes quant à un sentiment "anti-américain" qui aurait le vent en poupe dans le pays.
Les divergences entre Washington et le Caire se sont aussi accentuées sur la façon de dépenser l’assistance américaine en Égypte. Selon le site en ligne Arabs48, les Américains insistent pour désigner eux-mêmes les représentants des ONG et du secteur privé égyptien pour préciser les projets qui bénéficient de ce financement, ce que refusent catégoriquement les égyptiens.
Nuland a pris soin de défendre l’ambassadrice américaine au Caire, Anne Paterson qu’elle a présentée comme étant l’une des ambassadeurs américains la plus expérimentée et respectable.
Sur la couverture du magazine Octobre datant du 31 juillet dernier, Paterson y est illustrée dans une caricature en train d’utiliser des dollars pour allumer des dynamites enrobés dans un drapeau américain planté au milieu de la place Tahrir.
« Ce sont des responsables égyptiens qui sont derrière cette campagne de haine de la rue égyptienne à l’encontre de Washington » accuse le Wall Street Journal, et ce «en répudiant les ONG qui acceptent un financement américain ».
Ce à quoi le magazine Octobre a rétorqué:" …l’opinion publique égyptienne voire arabe n’a besoin d’aucun échauffement externe pour dénigrer les Etats-Unis. Le soutien inconditionnel des américains à Israël au détriment des droits arabes légaux, leur participation au complot de silence sur les crimes commis à l’encontre des palestiniens et leur ingérence flagrante dans les affaires de plusieurs pays arabes, dont l’Egypte, sont suffisants pour soulever l’opprobre et la haine chez toute personne patriotique contre cette administration américaine et ses agents".

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=27126&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=41&s1=1

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