LE PEUPLE ou LA PUTE ETERNELLE


 

Ibara (artiste peintre)

Lundi 14 Février 2011

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Révolution! Démocratie! A bas la Dictature de l’infamie! Tiens, des peuples

dans la rue, qui s’embrasent, s’embrassent et fraternisent pour une nouvelle

espérance…Pourtant, le peuple ne se soulève jamais tout seul, jamais. Il en

est incapable. Il lui arrive, certes, de grogner un peu, mais se soulever seul,

ça! Non! Jamais! C’est qu’il peut tout morfler le peuple, tout avaler, tout

supporter, absolument tout encaisser, la fringale, le froid, la dèche extrême,

les humiliations, la torture et tout l’arsenal à malheurs de l’univers.

C’est un dur à cuire, un coriace, tenace à sa poisse. Il n’y a pas plus

résistant, plus récalcitrant aux libertés que le peuple. C’est le champion

toutes catégories de la création question endurance à tous les calvaires. Le

peuple, c’est la tête à massacre idéale dans le parc d’attractions

d’ignominies humaines concoctées par l’oligarchie au sommet du pouvoir

infernal depuis la nuit des temps bibliques. Le peuple, c’est le con parfait,

manipulable à souhait. Alors, pour qu’une révolution réveille le peuple, il

faut qu’une volonté occulte s’en charge avec du grand spectacle, des supers

héros charismatiques, de la grosse caisse médiatique et toutes ses ficelles

finassières, une bonne clique d’hystériques, un barnum colossal du tonnerre

de Dieu, avec beaucoup d’émotions, de trémolos et des tonnes de rémoulades

de musique à violons antalgiques, quelques martyrs triés sur le volet et de

belles idées archaïques remaniées à la sauce progressiste. Et puis surtout,

surtout, pour que tout ce bastringue puisse tenir debout, se réaliser, changer

la face du monde et faire que l’illusion se transforme en une réalité

virtuelle, il faut du flouze, beaucoup de flouze. Et ceux qui allongent

l’oseille veulent assurer leurs risques. Qui dit révolution, dit

enrichissement garanti pour une minorité. Le peuple s’engouffre dans une

espérance pour fuir un cauchemar. Embellie de quelques années. Les macros de

la finance repassent à la caisse. Ils récupèrent leurs mises et leurs

intérêts. Le peuple replonge dans ses ténèbres cyclothymiques de misère

noire en attendant que ses maîtres reviennent un jour avec un nouveau

bastringue encore plus affriolant. Le peuple ou la pute éternelle…

Ibara (artiste peintre)

Blog: www.espace-ibara.com

Illustration: peinture d’Ibara intitulée "L’idole rouge"

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